1882. L’école en France est désormais obligatoire, gratuite et laïque. Enfants d’agriculteurs, d’ouvriers ou de bourgeois ont tous les mêmes chances de réussite. Les mêmes, vraiment ? Malheureusement non.
Depuis une trentaine d’années, notre chère école peine à lutter contre l’inégalité des chances. Aujourd’hui, à niveau scolaire équivalent, les lycéens issus de milieux modestes ont 37% de chances en moins de s’orienter vers des études “longues” après le baccalauréat que des lycéens issus d’un milieu favorisé. Comment cela se fait-il ? Eh bien plusieurs facteurs entrent en jeu. On les a tous regroupés dans ce petit glossaire pour vous permettre d’y voir plus clair.

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Le capital culturel 

Le capital culturel, d’après Pierre Bourdieu, c’est l’ensemble des savoirs, des compétences et des valeurs transmis par la famille. Selon le sociologue, le capital culturel peut se décliner en trois formes. Des biens culturels comme des livres, des oeuvres d’art ou des CD de musique classique, c’est du capital culturel. Et les diplômes scolaires ? C’est aussi du capital culturel !

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Pouvez-vous me parler de Corneille ?

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Je peux même vous chanter une de ses chansons.

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Enfin, le capital culturel peut faire partie intégrante de la personnalité de l’individu (à la suite de différentes activités comme des cours de solfège ou de théâtre, des sorties au musée ou des voyages, etc).
Plus cette forme du capital culturel est importante et proche de la “culture légitime”, celle qui est enseignée à l’école, plus l’enfant a de chances de réussir.

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Le capital social

Au capital culturel s’ajoute le capital social. L’expression renvoie au réseau de relations personnelles qu’un individu se constitue, notamment grâce à son entourage. Et comme le capital culturel, ce réseau est dans la majorité des cas… hérité !
Si n’importe qui peut se créer un réseau, toutes les relations ne se valent pas : certaines sont plus efficaces que d’autres, ce qui crée ici aussi des inégalités.

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Parfois, il suffit de la “bonne connexion” pour trouver un emploi. Par exemple, quand on a un père qui dirige une agence de conseil, c’est tout de même plus simple de trouver un stage dans ce secteur que lorsqu’on a des parents ouvriers…

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L’autocensure

La censure, vous savez sûrement déjà ce que c’est. Et l’autocensure alors ? C’est tout simplement lorsqu’on se censure soi-même, lorsqu’on s’empêche d’agir en anticipant ou en s’imaginant une censure extérieure.
C’est ne pas se sentir légitime à donner son avis en réunion. C’est ne pas oser demander de l’aide quand on en a besoin. De telles peurs peuvent être extrêmement bloquantes : la meilleure chose à faire c’est d’en discuter autour de soi car la plupart du temps, elles sont infondées !

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Le syndrome de l’imposteur 

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Si j’ai eu cette promotion c’est sûrement parce que la personne avant moi n’en voulait pas.

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Enchaîner les réussites sans jamais s’en attribuer le mérite, douter sans cesse de soi, avoir l’impression de tromper son entourage quant à ses capacités. Finalement, c’est vivre tel un… imposteur ! Selon Le Figaro, 70% de la population française doutent un jour de leurs propres compétences.

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Cependant, il y a une différence entre le simple doute et l’auto-dénigrement permanent. Le syndrome de l’imposteur peut rendre le regard des autres insupportable mais c’est surtout quand on est son propre tyran que la vie professionnelle ou scolaire peut se compliquer. 

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L’ascenseur social 

Pendant les Trente Glorieuses, les années de croissance qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, on estimait que grâce à la massification de l’éducation un individu avait tous les moyens nécessaires pour améliorer sa position sociale. En sociologie, on parle de “l’ascenseur social”. Comme pendant les Trente Glorieuses, lorsque cet ascenseur fonctionne correctement, tout le monde a la possibilité d’améliorer sa position sociale grâce à son éducation, son travail et son mérite.

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Oui, mais si l’ascenseur tombe en panne ? La réussite scolaire assure-t-elle toujours la mobilité des individus entre les différentes couches sociales ? Pas si sûr. Aujourd’hui, en France, il faut 180 ans soit 6 générations pour sortir de la pauvreté*.


Mais au fait, qu’est ce que c’est l’inégalité des chances ? Des concepts essentiels aux chiffres chocs en passant par les idées reçues, découvrez le parcours de microlearning Artips « L’égalité des chances en France : état des lieux » co-créé avec l’association Article 1. Lancez-vous !

*Rapport de l’OCDE, “L’ascenseur social est-il en panne ? Comment promouvoir la mobilité sociale”, 2018