En économie, c’est un peu comme en histoire de l’art, dans les sciences ou en musique : longtemps, on a ignoré l’apport des femmes à la discipline. Mais c’est heureusement en train de changer ! Économitips vous emmène à la rencontre de 6 figures féminines qui ont marqué l’économie, vous nous suivez ?

#1 La marquise de Pompadour, sponsor d’économistes

Vous ne vous attendiez pas à trouver ici la favorite de Louis XV ? La Pompadour a pourtant joué un grand rôle dans la naissance de la discipline : protectrice des arts et des lettres, elle encourage son médecin personnel, un certain François Quesnay, à développer ses théories économiques.

François Boucher, Madame de Pompadour, 1756, huile sur toile, Alte Pinakothek, Munich

Ce dernier a alors tout loisir pour lancer son mouvement des Physiocrates, peut-être le premier groupe d’économistes au monde ! La marquise parviendra même, par son influence, à éviter la prison à son bon docteur…

#2 Florence Nightingale, réformatrice et statisticienne

Figure importante de l’histoire anglaise, Florence Nightingale était infirmière en chef dans l’armée de la reine Victoria. Passionnée de mathématiques, elle instaure un suivi statistique très rigoureux de son hôpital, ce que personne ne faisait en son temps. Elle le gère tellement bien qu’on lui confie rien de moins que la réorganisation complète du système de soins du royaume ! 

Florence Nightingale par H. Lenthall, autour de 1850

Ce qu’on sait moins, c’est que pour faire la pédagogie de sa méthode statistique, Florence Nightingale traduit ses chiffres en graphiques et camemberts, et que c’est une des premières à le faire !  Elle est ainsi la pionnière de la « data visualisation« .

#3 Joan Robinson, économiste et rebelle

Durant ses études, la jeune Joan Robinson s’ennuie ferme. Il faut dire qu’à Cambridge en 1922, l’enseignement de l’économie est dominé par un seul point de vue, celui du « néo-classique » Alfred Marshall.

Alfred Marshall en 1921 | Joan Robinson photographiée par Ramsey & Muspratt vers 1925

D’après Marshall, les agents économiques font tous des choix extrêmement rationnels pour maximiser leurs profits. Joan Robinson trouve que c’est une vision très théorique de la réalité. Pour elle, ça tient même du conte de fée…

Raillant la pensée unique de son époque, elle réécrit la Belle et la Bête en version néo-classique ! Par la suite, l’étudiante malicieuse devient une professeure respectée, et une économiste « hétérodoxe », c’est-à-dire questionnant de nombreux dogmes économiques souvent trop simplistes.

#4 Elinor Ostrom, baroudeuse innovante

À la fin des années 1960, l’économie commence à s’intéresser à l’écologie. Le biologiste Garrett Hardin pose les termes du débat : les ressources naturelles communes à un groupe humain (rivière, forêt, zone de pêche, etc.) n’appartiennent par définition à personne. Elles sont donc condamnées à être pillées, mal gérées. C’est la « Tragédie des Communs ». Seule solution : qu’elles deviennent propriété de quelqu’un. Soit des pouvoirs publics (nationalisation), soit de personnes privées ou d’entreprises (privatisation). Pour Hardin, il n’y a pas d’alternative.

Elinor Ostrom en 2010, photo : © Holger Motzkau | Garrett Hardin en 1986, photo : The Garrett Hardin Society

Mais c’est sans compter Elinor Ostrom, politologue et économiste américaine. Parcourant le monde, elle observe qu’un peu partout, des communautés arrivent collectivement à bien gérer leurs « communs », sans système de propriété imposé.

Il n’y a donc pas de tragédie des communs ! Cet apport décisif vaut à Elinor Oström d’être la première femme à obtenir le « Prix Nobel » d’Économie, en 2009.

#5 Esther Duflo, toujours sur le terrain

Sur les questions de développement et de pauvreté aussi, le débat a longtemps été binaire. D’un côté, il y a ceux qui estiment qu’il faut aider massivement les pays en difficulté. De l’autre, certains trouvent l’aide contre-productive et pensent qu’il faut laisser faire le marché local.

Pour Esther Duflo, économiste française, il ne sert à rien de s’écharper entre théoriciens, il faut aller voir sur le terrain. C’est ce qu’elle a fait dans différents pays avec une méthode inspirée du monde médical. Un travail qui ouvre de nouvelles voies en expérimentation sociale et économique, et pour laquelle elle a reçu le « Prix Nobel » en 2019.

Esther Duflo en 2011, photo : Center for Global Development

#6 Harriet Martineau, l’ancêtre d’Économitips

On a un petit faible pour cette Anglaise du 19e siècle, souffrant notamment de surdité, et devenue malgré tout autrice de livres de vulgarisation économique. Son secret ? Raconter les grandes questions de son époque sous forme de contes sociologiques pour (grands) enfants.

Ses livres étaient des best sellers, lus même par les enfants de la famille royale. Et ils ont été traduits en français, pour former à l’économie les professeurs de la IIIe République !

Harriet Martineau par George Richmond

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