31%. C’est le pourcentage d’étudiants inscrits en L1 qui renoncent dès la première année, selon une enquête du Ministère de l’Enseignement supérieur. Un tiers des étudiants quittent le navire sur lequel ils ont choisi de s’orienter après le lycée et laisse les universités et les écoles on ne peut plus perplexes. Pour elles, c’est non seulement des places inutilement prises mais aussi une grosse perte d’allocation de matériel et de financement.

Ce qui explique cet abandon ? Une mauvaise orientation et une vision biaisée de la réalité. Les étudiants réalisent en cours de route que les métiers auxquels la formation les prépare sont bien loin d’être ceux qu’ils souhaitent réellement exercer. 

Pour les universités et les écoles, c’est une vraie épine dans le pied ,qu’il s’agit non seulement de comprendre mais aussi de retirer. 

 

Étape 1 : comprendre 

 

Comprendre les problèmes d'orientation

Pourquoi les élèves sont-ils aussi à côté de la plaque en termes d’orientation ? L’offre de formation est en forte croissance et de nombreux métiers susceptibles d’être exercés dans les prochaines années sont à peine nés. Il ne s’agit donc plus de donner quelques informations sur les débouchés les plus connus… mais bien une vision complète et concrète du milieu du travail !

Mais comment expliquer à des milliers d’élèves les conséquences pratiques de leurs choix professionnels ? Ce n’est pas une mince affaire… et c’est la raison pour laquelle beaucoup d’entre eux se construisent une fausse image de la réalité des métiers auxquels ils se destinent.

À la sortie de la Terminale, ils postulent, pleins d’enthousiasme, à des formations dont ils ne connaissent que les généralités théoriques. Lorsque leurs études supérieures débutent, c’est le drame… celles-ci ne correspondent pas à ce qu’ils s’imaginaient, voire même à ce qu’ils sont. Après tout, apprécier les cours de maths ne suffit pas pour s’épanouir en études de comptabilité. Et ce n’est pas parce que l’on se débrouille en cours de technologie que l’on trouvera son compte en tant qu’agent de maintenance. S’ensuivent ennui, déception, réorientation… et détresse des écoles ! 

 

Étape 2 : résoudre 

 

Résoudre les problèmes d'orientation

Comment les écoles peuvent-elles répondre à ce décalage ? En expliquant précisément à leurs futurs élèves la réalité des métiers auxquels elles préparent ! Les conseillers d’orientation, trop peu (in)formés, et les fiche-métiers à lire en ligne ne suffisent plus. Pour la grande majorité des étudiants, l’expérience concrète et l’immersion sont les éléments les plus utiles en termes d’orientation. Il s’agit alors de tourner le dos aux informations très théoriques et de les aider à construire une vision juste des réalités professionnelles.

Réalités professionnelles au pluriel, donc – car les élèves ont tendance à posséder une perspective très restreinte sur les métiers existants. Le monde de l’école étant très décorrelé du monde de l’entreprise, ils ne connaissent que les carrières avec lesquelles ils sont en contact. Il s’agit alors de communiquer sur les formations et les métiers invisibles à leurs yeux. Plus les élèves auront d’informations pratiques sur leurs différentes options, moins ils se tromperont de choix !

Le rôle des écoles ne débute pas lorsque les nouveaux étudiants passent le pas de leur porte… mais avant même qu’ils ne toquent ! La question de l’orientation professionnelle doit être prise dans son ensemble, du choix des options au lycée à l’obtention du premier emploi. Trouver sa voie, c’est aussi mettre la main à la pâte – et c’est en partie aux écoles de fournir les outils pour la pétrir ! 

 

Étape 3 : innover 

 

Innover dans l'orientation

Proposer une solution en amont pour expliquer concrètement la réalité des métiers, certes, mais laquelle ? À l’ère du digital et de l’hyper-information, les élèves sont ensevelis sous les ressources censées les aider à s’orienter. Mais quantité ne veut pas dire qualité et il est parfois difficile pour eux de faire le tri. Les écoles et universités doivent prendre cette démarche en main. Organisez des interventions et des partages d’expérience. Proposez des ressources de découverte en ligne. Mettez en relation les élèves avec les étudiants ou les professionnels des secteurs vers lesquels ils pensent s’orienter. Et surtout, soyez inventifs !

En orientation et en recrutement, il est essentiel d’innover – notamment lorsqu’il s’agit de formations très spécifiques ou de métiers peu attractifs. Pour communiquer de façon efficace avec les nouvelles générations d’élèves, le digital est un très bon allié. L’utilisation d’outils numériques permet de véhiculer des informations plus synthétiques, plus accessibles et plus engageantes. Certaines écoles ont même poussé la réponse digitale jusqu’à proposer des formations en réalité virtuelle. Tous les moyens sont bons pour peindre un tableau concret de ce qui attend vos élèves ! Et vous, quel sera votre pinceau ? 

 

 


Artips a créé, avec le CEA, un parcours en ligne qui présente la diversité des métiers scientifiques et accompagne les élèves dans leur orientation vers ces secteurs.