“Tu ferais peut être mieux de changer d’orientation et de t’inscrire en socio !”. “Ne t’inquiète pas pour les maths, ce n’est peut être pas fait pour toi”. “C’est pas un métier de nana ça !”. Ces petites phrases sont symptomatiques d’un imaginaire collectif genré sur certaines filières. Sciences, informatique, ingénierie, bâtiment, mécanique… ces secteurs étiquetés “masculins” n’accueillent qu’un faible pourcentage de femmes.

La raison ? Non pas une différence de compétences ou d’appétences mais un phénomène beaucoup plus insidieux. Entre stéréotypes, phénomène d’autocensure et complexe d’infériorité, les étudiantes perçoivent un champ d’orientation très restreint !

Les représentants des filières redoublent d’effort pour briser les barrières psychologiques mais il y a encore du pain sur la planche ! On a recensé pour vous 5 solutions pour encourager l’inclusion des femmes dans certaines filières. 

 

Partez à la chasse aux stéréotypes 

Partez à la chasse aux stéréotypes dans l'orientation

Dès la naissance, les femmes sont entourées de stéréotypes de genre. Ces derniers s’ancrent inconsciemment et deviennent de véritables freins pour l’orientation des jeunes filles. Les stéréotypes ont d’ailleurs tendance à se renforcer avec les réseaux sociaux, notamment pour les collégiennes et les lycéennes.

La solution ? Parler plus fort que les tweets et les posts Facebook et casser les idées reçues. Mettez en place des outils de sensibilisation aux stéréotypes pour les élèves et communiquez sur les effets concrets des discriminations genrées. N’oubliez pas les garçons ! Ils ne se rendent souvent pas compte de ces différences et leur comportement participe à la (dé)légitimation de la place des femmes dans les secteurs dits “masculins”.

L’exemple à suivre ? De nombreuses écoles et universités du secteur de l’industrie se sont engagées dans Elles bougent – une association qui vise à combattre les stéréotypes.

 

(Dé)montrez la réalité  

Montrez la réalité des métiers

Il existe très souvent un décalage entre la perception de certaines filières et la réalité de celles-ci. Ouvrir l’horizon des femmes en termes d’orientation, c’est aussi leur décrire les métiers possibles – et ce qu’ils sont véritablement.

Organisez des visites de sites de production, présentez des laboratoires, suivez le quotidien d’une employée du bâtiment… Bref, proposez-leur une véritable immersion professionnelle, physique ou digitale. Ce travail doit d’être collectif : les établissements, écoles et institutions doivent mettre la main à la pâte pour offrir une vision globale des réalités.

L’exemple à suivre ? Air France organise des ateliers “Découverte des métiers” avec les écoles pour communiquer sur les métiers de l’aéronautique.

 

Faites briller les chiffres 

Faites briller les chiffres

Contrairement aux stéréotypes, les femmes ne sont pas mauvaises en maths… au contraire ! Elles sont tout aussi sensibles aux chiffres et aux démonstrations rationnelles.

Or les entreprises des secteurs dits « masculins » sont prêtes à investir dans une relève féminine ! Mettez statistiques et graphiques sous les projecteurs et prouvez aux étudiantes que de nombreuses opportunités les attendent – même dans les filières qui leur paraissent peu accueillantes.

L’exemple à suivre ? L’OPCO Mobilités a créé la formation T-Profession’ELLES pour mettre en valeur la place des femmes dans le monde des transports, l’un des secteurs les plus créateurs d’emplois.

 

Donnez-leur des modèles 

Donnez-leur des modèles

S’il existe un levier de motivation à utiliser, c’est celui des histoires inspirantes et des trajectoires remarquables. Donnez des modèles féminins aux jeunes filles. Montrez-leur concrètement ce qu’elles pourraient devenir.

Interventions, vidéos, témoignages… il s’agit de remplacer les mots “limites” et “sexisme” par ceux de “réussite” et de “dépassement”. Une femme décrivant avec enthousiasme son parcours dans une filière « masculine », ce sont des jeunes filles qui suivront peut-être son exemple. 

L’exemple à suivre : le concours Ingénieuses a pour but de mettre en avant des parcours inspirants et d’encourager les initiatives des écoles d’ingénieurs.

 

Et surtout, persistez ! 

Persistez !

La féminisation des secteurs est un défi global qui va au-delà des questions d’orientation et de recrutement. Faire bouger les lignes n’est, et ne sera pas, un jeu d’enfant… mais l’essentiel est de ne pas lâcher l’affaire. N’attendez pas que les étudiantes viennent à vous mais allez les chercher !

 


Artips a créé, avec le CEA, un parcours en ligne présentant la diversité des métiers scientifiques et encourageant les élèves – et notamment les jeunes filles – à s’orienter vers ce secteur.