Pour sympathiser avec un client ou le fidéliser, rien ne vaut une invitation au restaurant. Contrairement aux Etats-Unis, en France, on ne doit pas tout de suite parler « business » à table, c’est impoli. On débute plutôt une conversation informelle pour permettre de tisser du lien avec le client. Mais tous les clients ne sont pas de grands bavards ! Une fois le sujet de la météo ou du dernier match de foot épuisés, on peut vite se trouver à court d’idées…
Heureusement, la culture générale peut donner un bon coup de pouce pour relancer la conversation. Voici quelques-unes de nos meilleures anecdotes pour impressionner votre client à table :

L’arrivée de la fourchette en France : un vrai carnage !

Avant la Renaissance, les assiettes et les fourchettes n’existaient pas en France ! La nourriture solide était servie sur une large tranche de pain (« pain-tranchoir ») qui faisait office d’assiette. Et pour attraper les aliments, on y allait au couteau ou directement avec les doigts. Lorsque le roi français Henri III décide d’importer d’Italie la fourchette à 2 dents, toute la Cour se moque de lui. Et effectivement, le spectacle vaut le détour : les courtisans peinent à viser leur bouche et se piquent les lèvres ou se blessent la langue ! Un vrai carnage. Malgré les protestations de l’écrivain Montaigne, la fourchette est progressivement adoptée en France. Elle obtiendra d’ailleurs deux dents supplémentaires au XVIIe siècle.

Le vin qui est allé sur la Lune

Deux ans avant leur décollage pour la mission Apollo XV, des astronautes viennent visiter un domaine viticole bourguignon. Pourquoi ?

Ils viennent y chercher quelques bouteilles de « Nuits-Saint-Georges », ce vin rendu célèbre par Jules Verne dans son roman Autour de la Lune. Le vigneron leur offre une caisse d’une cuvée spéciale. En échange, il leur demande d’emporter une de ses bouteilles sur la Lune.

Pour des questions de poids (ou peut-être parce que les bouteilles ont été vidées avant…), les astronautes n’emporteront avec eux que l’étiquette. Mais le symbole est là : l’étiquette a même donné son nom au cratère lunaire, nommé « Saint-Georges » !

 

Le découpage de la viande à l’épée

Au Moyen-Âge, on mesure la richesse d’un hôte à l’abondance et la diversité des viandes à sa table.
On mange souvent du porc ou du bœuf. Parfois même des cygnes ou des paons entiers.

Pour leur goût ? Certainement pas ! Plutôt parce qu’on est chasseur et qu’on veut le montrer.

D’ailleurs, découper la viande à table est un privilège réservé à l’hôte : un exercice à réaliser à l’épée s’il vous plaît !

 

Dali et le camembert

Illustration ArtipsAlors que sa femme et ses amis vont au cinéma, le peintre Dali est fatigué et décide de rester plutôt chez lui.

Souffrant d’une migraine, il médite et commence à observer longuement un reste de camembert posé dans une assiette. La texture molle du fromage l’intrigue puis se met à l’obséder. Le peintre surréaliste s’approche alors d’une de ses toiles en cours et y voit apparaitre 3 montres molles rappelant l’intérieur du camembert.

Quand sa femme rentre du cinéma, Dali vient de terminer une de ses œuvres les plus connues : Les montres molles !

 

Le café et le chocolat : des poisons mortels ?

Illustration Artips

Tout comme la fourchette, le café et le chocolat sont arrivés bien tardivement en France, au XVIIème siècle. Alors que les fèves de cacao proviennent des Amériques, le café, lui, est présenté à Louis XIV par l’ambassadeur de Turquie (en même temps que les loukoums et les sorbets).

Mais ces produits sont tellement addictifs qu’ils en deviennent suspects. L’écrivain Balzac boit jusqu’à 50 cafés par jour. Madame de Sévigné accuse le chocolat d’être mortel !

Et Napoléon alors ? « Le café m’apporte une douleur qui n’est pas sans plaisir. J’aime mieux alors souffrir que de ne pas souffrir » déclare-t-il.